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Tsunami en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est

Tsunami en Asie du Sud et en Asie du Sud- Est : Un an plus tard

Le lendemain de Noël 2004, un tsunami géant dans l’océan Indien a détruit des centaines de communautés côtières et fait plus de 200 000 victimes. Banda Aceh, en Indonésie, a été l’une des régions frappées le plus durement.

Nombre d’infirmières et d’infirmiers indonésiens ont malheureusement été victimes de la catastrophe. Beaucoup d’autres ont toutefois survécu et réussi à dispenser des soins précieux aux sinistrés qui en avaient si désespérément besoin. Un an plus tard, la catastrophe causée par le tsunami donne aux infirmières et infirmiers l’occasion de récapituler les leçons durement apprises sur la capacité d’intervention d’urgence.

L’AIIC collabore maintenant avec l’association nationale d’infirmières et d’infirmiers de l’Indonésie (INNA) pour mettre à profit l’expérience ainsi acquise et déterminer, parmi les mesures de secours, celles qui sont efficaces et celles qui pourraient être améliorées. L’AIIC a des ressources et un savoir-faire précieux dans le domaine de la préparation aux situations d’urgence, surtout au niveau du rôle que les infirmières et les infirmiers peuvent jouer pour fournir une réponse efficace et énergique dans ces situations.

Après la catastrophe du tsunami, l’INNA a dû tout d’abord recenser les infirmières et infirmiers survivants susceptibles d’aider d’autres sinistrés. Malheureusement, les dommages causés aux lignes téléphoniques et aux sources d’alimentation en électricité entravaient les communications avec nombre d’entre elles et d’entre eux. La plupart étaient réfugiés dans des tentes avec d’autres survivants.

« Nous avons appris rapidement combien il importe de traiter les infirmières et les infirmiers comme des survivants d’abord. La meilleure chose à faire consistait parfois à les tenir occupés à aider quelqu’un d’autre », explique Achir Yani S. Hamid, présidente de l’INNA. « Parfois, il fallait les laisser exprimer leurs sentiments d’impuissance et de désespoir. Lentement et graduellement, leur rôle de soignants a repris le dessus. »

Jusqu’à 80 % des infirmières et infirmiers de Banda Aceh étaient complètement démunis. Pour les aider, l’INNA a recueilli de l’argent, des vêtements, des uniformes et des bloc-notes de l’Indonésie et d’autres pays tels que le Canada.

L’INNA a aussi mobilisé 1 000 infirmières et infirmiers des provinces non touchées de l’Indonésie pour renforcer l’effectif survivant de la région. Ensemble, ils ont traité des fractures, des plaies infectées et des cœurs brisés. Travaillant côte-à-côte avec des médecins, ils ont nettoyé les installations de santé qui restaient debout et mis sur pied des services de soins infirmiers dans les hôpitaux, les hôpitaux de campagne et les camps.

L’INNA a collaboré de près avec le gouvernement, les organisations non gouvernementales (ONG) et les autres associations professionnelles du secteur de la santé. Selon Mme Hamid, « la coordination des activités, des ressources et de l’expertise a joué un rôle essentiel. Je ne saurais vous en décrire l’importance. »

Quelques mois après la première réponse au sinistre, l’INNA est passée au stade de la remise en état et de la reconstruction. Avec l’aide de l’Organisation mondiale de la Santé et d’autres associations infirmières nationales telles que l’AIIC, les infirmières et infirmiers de l’Indonésie ont créé un centre de développement des soins infirmiers qui est devenu la plaque tournante de la coordination des soins infirmiers à Banda Aceh.

En collaboration avec le gouvernement, les facultés de sciences infirmières et les ONG locales, l’INNA a donné à 330 infirmières et infirmiers la formation nécessaire pour traiter les sinistrés hébergés dans des baraquements temporaires. Un élément clé de cette formation a été le soutien psychologique qui a encouragé les infirmières et infirmiers survivants à créer leurs propres groupes d’entraide. Une formation en soins infirmiers communautaires de santé mentale fut aussi donnée à celles et à ceux qui travaillaient dans des centres de santé communautaires.

Selon Mme Hamid, « l’immense tragédie humaine causée par le tremblement de terre et le tsunami nous a beaucoup appris. En consultation avec d’autres associations infirmières nationales telles que l’AIIC, nous souhaitons intégrer les secours infirmiers d’urgence au programme d’études en sciences infirmières de premier cycle. Nous voulons aussi créer des programmes de maîtrise en secours infirmiers d’urgence. »

« Nous prévoyons donner de la formation continue en soins infirmiers, présenter des ateliers et des colloques en collaboration avec l’AIIC et d’autres membres du Conseil international des infirmières. Nous sommes même en train de mettre au point des technologies d’apprentissage à distance pour les infirmières et infirmiers qui travaillent dans les régions éloignées du pays. »

Pour l’avenir, Mme Hamid souhaite notamment travailler de plus près avec le ministère de la Santé de l’Indonésie afin de renforcer les politiques sur les secours infirmiers d’urgence. Elle souhaite aussi écrire un ouvrage sur l’expérience qu’elle a acquise au cours de la réaction au tsunami, afin que l’effectif infirmier puisse mieux se préparer aux catastrophes à venir.

« La leçon la plus importante que j’ai tirée de cette expérience, c’est peut-être que malgré le volume et l’intensité des efforts que les infirmières et les infirmiers ont déployés, leur travail reste dans l’ombre. Il faut trouver un meilleur moyen pour que la profession infirmière soit reconnue, ici et dans le monde entier. »


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